Apport-cession et réemploi du prix.
Le dirigeant qui souhaite vendre mais réinvestir le produit de la vente dans de nouveaux projets dispose d'un outil de premier plan : l'apport-cession, encadré par l'article 150-0 B ter du Code général des impôts. Le principe : avant de céder, le dirigeant apporte ses titres à une holding qu'il contrôle. La plus-value d'apport est alors placée en report d'imposition. La holding vend ensuite l'entreprise, encaisse le prix, et le report est maintenu tant que les conditions sont respectées.
La condition centrale concerne le réinvestissement : si la holding réinvestit au moins 70 % du prix de cession dans une activité économique éligible dans un délai de trois ans, en conservant les actifs de remploi au moins cinq ans, le report perdure. Ces seuils ont été durcis par la loi de finances 2026 (auparavant 60 % et deux ans). À défaut, la plus-value devient imposable. C'est un montage exigeant, qui doit être mis en place avant la cession et piloté dans la durée. Bien utilisé, il permet de réinjecter la quasi-totalité du capital dans l'économie réelle sans frottement fiscal immédiat.
Que l'on ait recours ou non à l'apport-cession, la question du réemploi reste décisive. Le prix de vente, une fois la fiscalité réglée, doit être réorganisé en un patrimoine cohérent : enveloppe d'assurance-vie pour la souplesse et la transmission, contrat de capitalisation, immobilier de rendement via les SCPI, ou nouveaux investissements entrepreneuriaux. C'est cette phase, souvent négligée, qui détermine ce que la cession laissera réellement à la famille sur le long terme.
Les dispositifs fiscaux évoqués (apport-cession, pacte Dutreil, abattement dirigeant retraite) obéissent à des conditions strictes susceptibles d'évoluer et de remise en cause en cas de non-respect. Les exemples chiffrés sont des illustrations et ne valent pas conseil personnalisé. Toute opération de cession ou de transmission doit faire l'objet d'une étude adaptée à votre situation, en lien avec votre notaire et votre expert-comptable.