SUCCESSION ET USUFRUIT
Ce qui se passe au décès de l'usufruitier.
C'est le moment qui donne au démembrement toute sa puissance. À l'extinction de l'usufruit, la pleine propriété se reconstitue automatiquement sur la tête du nu-propriétaire. Et surtout, cette reconstitution ne génère aucun droit de succession : le nu-propriétaire avait déjà été taxé, le cas échéant, sur la seule valeur de la nue-propriété au moment de la donation. La valeur de l'usufruit, elle, échappe définitivement aux droits.
Le démembrement peut aussi naître d'une succession. Au décès d'un époux, le conjoint survivant opte fréquemment pour l'usufruit de la totalité des biens, tandis que les enfants en reçoivent la nue-propriété. Le conjoint conserve ainsi son cadre de vie et ses revenus, sans dépouiller les enfants de leur vocation à hériter. Cette latitude se prépare en amont, par le choix du régime matrimonial et, le cas échéant, par une donation entre époux. La répartition des droits de succession suit alors le barème de l'article 669.
Le cas du quasi-usufruit mérite une vigilance particulière, notamment au dénouement d'une assurance-vie : la créance de restitution due aux héritiers vient en déduction de l'actif successoral, mais sa traçabilité doit être soignée pour être opposable à l'administration. C'est typiquement le genre de détail qui se cadre en amont, dans une clause bénéficiaire bien rédigée.