GUIDE · RETRAITE DU DIRIGEANT

La retraite du dirigeant : anticiper là où le régime obligatoire s'arrête.

Le chef d'entreprise touche souvent une pension faible au regard de ses revenus d'activité. PER, cession de l'entreprise, dividendes, immobilier : comment combler l'écart et organiser sa sortie, sans biais commercial.

LE CONSTAT

Le dirigeant cotise pour les autres, rarement pour lui.

Pendant vingt ou trente ans, un chef d'entreprise concentre son énergie, sa trésorerie et son temps sur son activité. Sa retraite personnelle, elle, passe souvent au second plan. Le résultat est presque toujours le même : au moment de s'arrêter, le dirigeant découvre une pension obligatoire qui couvre rarement plus de la moitié de ses derniers revenus, parfois beaucoup moins lorsqu'il s'est versé peu de salaire et beaucoup de dividendes.

Préparer sa retraite quand on dirige, ce n'est donc pas choisir un produit. C'est articuler plusieurs leviers : l'épargne retraite déductible, la valeur de l'entreprise au moment de sa cession, des revenus immobiliers qui prennent le relais, et une réserve liquide pour les imprévus. Notre rôle est d'assembler ces pièces dans votre seul intérêt.

CE QUE DIT LA RÉALITÉ

40-50 % de remplacement par la retraite obligatoire pour un dirigeant, contre 65-75 % pour un salarié moyen.
10 % du capital social : seuil au-delà duquel les dividendes du gérant majoritaire sont soumis aux cotisations sociales.
1er actif l'entreprise représente souvent la plus grosse part du patrimoine du dirigeant, donc le premier risque de concentration.
10-15 ans l'horizon idéal pour préparer à la fois la retraite et la transmission ou la cession de l'entreprise.
TNS, SARL, SAS

Votre statut détermine déjà votre retraite.

Avant même de parler placements, le statut social du dirigeant fixe le cadre. Le gérant majoritaire de SARL relève du régime des travailleurs non salariés : il cotise moins, ce qui libère de la trésorerie, mais accumule des droits plus limités. Le président de SAS et le gérant minoritaire sont assimilés salariés : charges plus lourdes, mais droits plus généreux au régime général et à la retraite complémentaire Agirc-Arrco.

Il n'y a pas de bon ou de mauvais statut dans l'absolu : il y a une cohérence à trouver entre le coût immédiat des cotisations, les droits qu'elles génèrent, et votre capacité à épargner par ailleurs. Le tableau ci-dessous résume les logiques en présence.

Statut du dirigeant et préparation de la retraite

Comparatif simplifié des trois statuts les plus fréquents. Les seuils précis se vérifient au cas par cas.

Critère
Gérant majoritaire (TNS)
Président SAS (assimilé salarié)
Gérant minoritaire SARL
Régime de retraite
SSI (ex-RSI) / Cipav selon activité
Régime général + Agirc-Arrco
Régime général + Agirc-Arrco
Cotisations sociales
Plus faibles
Plus élevées
Plus élevées
Droits retraite générés
Plus limités à cotisation égale
Plus généreux
Plus généreux
Dividendes
Cotisés au-delà de 10 % du capital
Non cotisés (PFU)
Cotisés au-delà de 10 %
Enjeu de préparation
Fort : épargne retraite à bâtir
Modéré à fort
Modéré
Gérant majoritaire (TNS) SSI (ex-RSI) / Cipav selon activité
Président SAS (assimilé salarié) Régime général + Agirc-Arrco
Gérant minoritaire SARL Régime général + Agirc-Arrco
Gérant majoritaire (TNS) Plus faibles
Président SAS (assimilé salarié) Plus élevées
Gérant minoritaire SARL Plus élevées
Gérant majoritaire (TNS) Plus limités à cotisation égale
Président SAS (assimilé salarié) Plus généreux
Gérant minoritaire SARL Plus généreux
Gérant majoritaire (TNS) Cotisés au-delà de 10 % du capital
Président SAS (assimilé salarié) Non cotisés (PFU)
Gérant minoritaire SARL Cotisés au-delà de 10 %
Gérant majoritaire (TNS) Fort : épargne retraite à bâtir
Président SAS (assimilé salarié) Modéré à fort
Gérant minoritaire SARL Modéré
LES CINQ LEVIERS

Combler l'écart, levier par levier.

Aucun de ces leviers ne suffit seul. C'est leur articulation, calée sur votre horizon et votre fiscalité, qui construit une retraite à la hauteur de votre niveau de vie.

  • Levier clé

    Le PER, votre épargne déductible

    Verser sur un plan d'épargne retraite réduit votre revenu imposable aujourd'hui et constitue un capital ou une rente demain. Le levier numéro un pour un dirigeant fortement fiscalisé.

  • La cession de l'entreprise

    Pour beaucoup, l'entreprise est le principal actif retraite. Préparer sa cession (abattement dirigeant, apport-cession) change tout sur le capital net disponible.

  • Les dividendes et la holding

    Arbitrer salaire et dividendes, loger les titres dans une holding patrimoniale : la structure de rémunération prépare aussi la retraite et la transmission.

  • L'immobilier de rendement

    SCI, SCPI ou locatif : des revenus complémentaires réguliers, peu corrélés à l'activité, qui prennent le relais une fois l'entreprise cédée.

  • L'assurance-vie, la réserve souple

    Disponible, fiscalement douce après huit ans, transmissible : l'assurance-vie complète le PER là où la liquidité compte.

LE LEVIER N°1

Le PER, l'outil taillé pour un dirigeant fiscalisé.

Pour un dirigeant qui paie beaucoup d'impôt sur le revenu, le plan d'épargne retraite est souvent le levier le plus puissant. Chaque versement vient en déduction du revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel. Plus votre tranche marginale est élevée, plus l'économie d'impôt immédiate est forte. Le capital fructifie ensuite à l'abri de l'impôt jusqu'à la sortie, en capital, en rente, ou les deux.

L'effet est maximal lorsque votre taux d'imposition est plus bas à la retraite qu'en activité, ce qui est fréquent. Le PER se combine avec l'assurance-vie pour garder de la liquidité, et avec l'année de cession de l'entreprise pour neutraliser une partie d'un revenu exceptionnel. C'est exactement ce type d'arbitrage que nous chiffrons, dans votre seul intérêt.

Exemple chiffré

Un gérant à la tranche marginale de 41 % verse 20 000 € sur son PER.

20 000 € versés sur le PER dans l'année
8 200 € d'économie d'impôt immédiate (41 % du versement)
11 800 € d'effort d'épargne réel, pour 20 000 € capitalisés

Chiffres illustratifs, hors plafond annuel de déduction et hors fiscalité de sortie. La sortie reste imposable : l'intérêt dépend de l'écart de taux entre activité et retraite. Nous chiffrons votre cas réel.

Comprendre le PER → La fiscalité du PER → Quel PER choisir →
L'ENTREPRISE, PREMIER ACTIF

La cession finance la retraite, à condition de la préparer.

Pour beaucoup de dirigeants, l'entreprise est le principal actif patrimonial. Sa vente peut transformer la retraite, mais à deux conditions : qu'elle se prépare très en amont, et qu'elle ne soit pas l'unique plan. Une cession dépend du marché, d'un repreneur, d'une conjoncture. En faire le seul filet de sécurité, c'est exposer son niveau de vie futur à un aléa.

Bien préparée, la cession ouvre des dispositifs précieux : abattement pour départ à la retraite du dirigeant, apport-cession via une holding pour reporter l'imposition de la plus-value, réinvestissement structuré. Chaque montage répond à une situation. Le réflexe à garder : construire en parallèle une épargne retraite indépendante de l'entreprise, pour que la vente soit un accélérateur et non une obligation.

Préparer la cession → L'apport-cession (150-0 B ter) → La holding patrimoniale →

Les unités de compte présentent un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les avantages fiscaux du PER dépendent de votre situation et d'une réglementation susceptible d'évoluer. Contenu informatif, sans conseil en investissement personnalisé.

Notre méthode

Notre méthode pour préparer votre retraite de dirigeant.

Quatre temps pour transformer un constat inquiétant en trajectoire maîtrisée, sans biais commercial.

  1. 01

    Diagnostic 360°

    On reconstitue vos droits acquis (relevé de carrière), votre statut, votre rémunération et la place de l'entreprise dans votre patrimoine.

  2. 02

    Chiffrer l'écart

    On mesure le revenu de remplacement attendu et l'écart avec votre niveau de vie cible. Le besoin réel apparaît en clair.

  3. 03

    Assembler les leviers

    PER, assurance-vie, immobilier, préparation de cession : on combine les outils selon votre fiscalité et votre horizon, dans votre seul intérêt.

  4. 04

    Piloter dans le temps

    On ajuste l'allocation au fil des marchés, de la loi et de l'avancée de votre projet de transmission ou de vente.

Avis clients

Des dirigeants qui nous font confiance.

29 avis Google, tous 5 étoiles. Un accompagnement de chefs d'entreprise à Toulouse, Castres et Albi.

29 avis Google
5/5 note moyenne
100% recommandent

Céline L.

Avis Google

★★★★★
Très pédagogue, tout est bien présenté, et Florent se montre disponible en cas de besoin, je recommande

octobre 2023

Jacques C.

Avis Google

★★★★★
Super. Le contenu est très clair et présente bien les différents services que tu propose... félicitations et à bientôt pour d'autres échanges....

mai 2023

Mel I.

Avis Google

★★★★★
Professionnel, pedaguo, dispo et à l'écoute merci pour les conseils.

décembre 2023

Clément B.

Avis Google

★★★★★
Satisfait du conseil en gestion et également du placement proposé. Je recommande cette entreprise!

janvier 2023

Coralie M.

Avis Google

★★★★★
Merci Florent pour vos conseils avisés et vos explications

décembre 2023

Adrien B.

Avis Google

★★★★★
Conseiller à l'écoute et compétent. Je recommande !

mai 2023

Émilie P.

Avis Google

★★★★★
Travail sérieux, dirigeant impliqué et réactif. Je recommande

mai 2023

Benjamin M.

Avis Google

★★★★★
Conseiller à l'écoute et compétent. Je recommande

novembre 2023

L'avis de Florent

Quand un dirigeant doit-il commencer à préparer sa retraite ?

Je vais être direct : le bon moment, c'était il y a dix ans. Le deuxième meilleur moment, c'est maintenant. La plupart des dirigeants que je rencontre viennent me voir à trois ou quatre ans de l'arrêt, persuadés que la vente de leur société réglera tout. Parfois oui. Souvent, le prix net après impôt et après remboursement des comptes courants ne couvre pas le train de vie espéré sur vingt-cinq ans de retraite.

Mon conseil tient en une phrase : ne suspendez jamais votre retraite personnelle à un seul événement. Construisez une épargne retraite déductible chaque année, gardez une réserve liquide, préparez la cession en amont pour activer les bons abattements, et faites de la vente un bonus, pas un sauvetage. C'est moins spectaculaire qu'un coup gagnant, mais c'est ce qui fait dormir tranquille. Vous connaissez précisément ma rémunération avant toute recommandation, et je n'ai aucun intérêt à vous orienter vers tel ou tel produit : seulement à ce que les chiffres tombent juste.

Florent Cavailles
Florent Cavailles Gérant fondateur · Occitea Patrimoine

Faire le point sur votre retraite de dirigeant

Florent Cavailles reconstitue vos droits, chiffre l'écart avec votre niveau de vie cible et bâtit une trajectoire combinant PER, cession et patrimoine, dans votre seul intérêt.

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À VOS QUESTIONS

Vos questions sur la retraite du dirigeant

Parce que les régimes obligatoires sont plafonnés et que la stratégie de rémunération du dirigeant joue contre lui à la retraite. Beaucoup de chefs d'entreprise se versent peu de salaire et privilégient les dividendes pour limiter les charges sociales : c'est efficace fiscalement, mais les dividendes ne génèrent pas (ou peu) de droits à la retraite. Résultat, la pension du régime obligatoire couvre souvent 40 à 50 % seulement des derniers revenus d'activité, parfois moins pour un travailleur non salarié. L'écart se comble par une épargne retraite construite en amont et par la valeur de l'entreprise au moment de la cession.

Aucun statut n'est universellement meilleur, tout dépend de l'arbitrage entre coût immédiat et droits futurs. Le travailleur non salarié (gérant majoritaire de SARL) cotise moins, donc dispose de plus de trésorerie pour épargner librement, mais génère des droits retraite plus limités. Le président de SAS ou le gérant minoritaire, assimilés salariés, cotisent davantage et accumulent plus de droits au régime général et à l'Agirc-Arrco, au prix de charges sociales plus lourdes. Le bon choix dépend de votre niveau de revenu, de votre horizon et de votre discipline d'épargne. Un cabinet de gestion de patrimoine compare les deux logiques en toute objectivité.

Pour un dirigeant fortement imposé, le PER est souvent le levier le plus efficace. Les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel, ce qui produit une économie d'impôt d'autant plus forte que la tranche marginale est élevée. Le capital fructifie ensuite à l'abri de l'impôt jusqu'à la sortie, possible en capital, en rente, ou les deux. L'effet est maximal lorsque le taux d'imposition baisse entre la vie active et la retraite. Le PER se combine avec l'assurance-vie pour conserver de la liquidité, et avec la cession de l'entreprise pour lisser l'année de sortie.

L'entreprise est fréquemment le premier actif patrimonial d'un dirigeant, mais en faire l'unique plan retraite est risqué : une cession dépend du marché, d'un repreneur, d'une conjoncture, et n'arrive parfois pas au prix espéré. La bonne approche consiste à préparer la cession très en amont (valorisation, abattement pour départ à la retraite, éventuel apport-cession via une holding) tout en construisant en parallèle une épargne retraite indépendante de l'entreprise. Ainsi, la vente devient un accélérateur, pas une condition de survie financière.

Oui, le rachat de trimestres (années d'études, années incomplètes) est possible et peut permettre d'atteindre le taux plein plus tôt. L'intérêt dépend du coût du rachat, de votre tranche d'imposition (le rachat est déductible) et du nombre d'années qu'il vous reste à cotiser. Pour un dirigeant, ce calcul s'intègre dans une analyse plus large : il est parfois plus rentable d'orienter la même somme vers un PER ou vers la préparation de la cession. Nous chiffrons les deux options avant toute décision.

Les contrats Madelin (épargne retraite des travailleurs non salariés) ne sont plus commercialisés depuis 2020, mais les contrats existants continuent de fonctionner. Vous pouvez les conserver ou les transférer vers un PER, généralement plus souple notamment sur les modalités de sortie (le Madelin imposait une sortie en rente, le PER autorise le capital). Le transfert mérite une analyse au cas par cas : frais, garanties acquises, table de mortalité du contrat. C'est un arbitrage technique que nous étudions dans votre seul intérêt.