TRANSMETTRE · DONATION ENTRE ÉPOUX

La donation entre époux, le réflexe qui protège le conjoint survivant.

Souvent appelée donation au dernier vivant, elle élargit les droits du conjoint au-delà de ce que prévoit la loi. Ce qu'elle change concrètement, son coût chez le notaire, et comment elle s'articule avec votre régime matrimonial.

CE QUE LA LOI NE FAIT PAS SEULE

Protéger son conjoint ne va pas de soi.

Beaucoup de couples croient que le survivant héritera de tout. C'est faux. En présence d'enfants, la loi accorde au conjoint, au mieux, l'usufruit de la totalité ou un quart en pleine propriété. Le reste revient aux enfants, qui deviennent copropriétaires de la résidence et des placements du foyer. Quand les enfants ne sont pas tous communs, le conjoint perd même le droit à l'usufruit : il ne lui reste qu'un quart en pleine propriété.

La donation entre époux, plus connue sous le nom de donation au dernier vivant, corrige cela. C'est un acte notarié simple qui élargit les droits du conjoint au-delà du minimum légal et lui ouvre, au moment du décès, un choix entre plusieurs formules. Elle ne coûte presque rien, reste révocable, et change radicalement la situation du survivant. Encore faut-il qu'elle soit cohérente avec votre régime matrimonial, vos enfants et le reste de votre patrimoine.

L'ÉCART EN UN COUP D'ŒIL

Ce que la donation change pour le conjoint.

Sans donation entre époux

  • Au choix : un quart en pleine propriété ou l'usufruit total, rien de plus
  • En famille recomposée, pas de droit à l'usufruit : un quart en pleine propriété seulement
  • Les enfants deviennent copropriétaires des biens du foyer
  • Aucune marge de manœuvre au moment du décès

Avec donation entre époux

  • Trois options au choix du survivant, décidées au décès
  • Droit à l'usufruit total sécurisé, même en famille recomposée
  • Le conjoint reste maître de son cadre de vie
  • Acte révocable à tout moment, pour environ 140 à 300 €
LE CHOIX DU SURVIVANT

Trois options, une décision prise au bon moment.

La force de la donation entre époux tient à sa souplesse : le conjoint ne tranche pas aujourd'hui, mais au décès, en fonction de sa situation réelle, son âge, ses revenus, ses relations avec les enfants. Voici les trois formules ouvertes en présence de descendants.

  • Le plus courant

    La totalité en usufruit

    Le conjoint conserve l'usage et les revenus de l'ensemble du patrimoine. Il peut habiter le logement, percevoir les loyers et les intérêts. Les enfants reçoivent la nue-propriété et deviennent pleins propriétaires au second décès, sans nouveaux droits. C'est l'option qui préserve le mieux le cadre de vie du survivant.

  • Un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit

    Une formule mixte : le conjoint devient pleinement propriétaire d'un quart des biens, qu'il peut vendre ou donner librement, et garde l'usufruit du reste. Utile lorsqu'il a besoin de capital disponible tout en conservant ses revenus.

  • La quotité disponible en pleine propriété

    Le conjoint reçoit en pleine propriété la part dont la loi permet de disposer librement : la moitié avec un enfant, un tiers avec deux, un quart avec trois ou plus. Pertinent en famille recomposée, quand l'usufruit partagé avec des enfants non communs deviendrait source de tension.

LA QUOTITÉ DISPONIBLE SPÉCIALE ENTRE ÉPOUX

Ce que vous pouvez réellement transmettre à votre conjoint.

La donation entre époux s'appuie sur une quotité disponible « spéciale », plus large que celle des autres bénéficiaires. Son étendue dépend de votre situation familiale. Le tableau ci-dessous récapitule les droits du conjoint selon les cas, avec et sans donation.

Situation familiale
Droits légaux du conjoint
Avec donation entre époux
Effet concret
Enfants communs uniquement
1/4 en pleine propriété OU usufruit total
3 options (voir plus bas)
Le survivant choisit la formule la plus adaptée
Enfants non communs (recomposée)
1/4 en pleine propriété seulement
1/4 pleine propriété + 3/4 en usufruit, ou autre option
Rétablit l'usufruit, impossible sans donation
Pas de descendant, parents vivants
1/2 ou 3/4 selon les parents survivants
Jusqu'à la quotité disponible spéciale
Réduit la part réservée aux ascendants
Ni descendant ni ascendant
Totalité de la succession
Sans objet (déjà tout au conjoint)
La donation perd son intérêt
Droits légaux du conjoint 1/4 en pleine propriété OU usufruit total
Avec donation entre époux 3 options (voir plus bas)
Effet concret Le survivant choisit la formule la plus adaptée
Droits légaux du conjoint 1/4 en pleine propriété seulement
Avec donation entre époux 1/4 pleine propriété + 3/4 en usufruit, ou autre option
Effet concret Rétablit l'usufruit, impossible sans donation
Droits légaux du conjoint 1/2 ou 3/4 selon les parents survivants
Avec donation entre époux Jusqu'à la quotité disponible spéciale
Effet concret Réduit la part réservée aux ascendants
Droits légaux du conjoint Totalité de la succession
Avec donation entre époux Sans objet (déjà tout au conjoint)
Effet concret La donation perd son intérêt
LA FISCALITÉ, OU PLUTÔT SON ABSENCE

Entre époux, les droits de succession n'existent plus.

C'est le point le plus rassurant et le plus mal connu : depuis la loi de 2007, le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession. Quel que soit le montant transmis, le survivant ne paie rien à l'État. La donation entre époux ne crée donc aucune fiscalité supplémentaire : elle ne touche qu'à l'étendue des droits, jamais à leur imposition.

L'enjeu fiscal réel se situe au second décès, lorsque les enfants héritent. C'est là que se joue l'optimisation : choisir l'usufruit plutôt que la pleine propriété permet, par le jeu du démembrement, de réduire la base taxable transmise aux enfants au décès du survivant. Un arbitrage qui se prépare en amont, en lien avec l'ensemble de votre stratégie de transmission.

Calculer les droits de succession → Les abattements en succession → Transmettre via l'assurance-vie avant 70 ans →
0 € de droits de succession pour le conjoint survivant, sans plafond
100 000 € d'abattement par enfant et par parent, renouvelable tous les 15 ans
152 500 € d'abattement par bénéficiaire sur l'assurance-vie (primes avant 70 ans)

Exemple chiffré

Le cas d'Hélène et Marc, mariés, deux enfants communs

Marc décède. Le patrimoine du couple comprend la résidence principale (450 000 €) et un portefeuille de placements (350 000 €). Sans donation, Hélène devrait choisir entre un quart de l'ensemble en pleine propriété, soit 200 000 €, ou l'usufruit total. Si elle opte pour la pleine propriété, ses enfants deviennent copropriétaires des trois quarts restants : ils doivent donner leur accord pour vendre la maison ou arbitrer les placements.

Avec une donation entre époux, Hélène choisit l'usufruit de la totalité. Elle continue d'habiter le logement, perçoit l'intégralité des revenus du portefeuille et reste libre de sa gestion d'usufruitière. Les enfants n'obtiennent que la nue-propriété et deviendront pleins propriétaires à son décès, sans nouveaux droits à payer. Hélène n'acquitte aucun droit de succession. Coût de la sécurité ainsi gagnée : un acte à environ 200 € signé du vivant des deux époux.

Exemple illustratif. Les montants et la fiscalité dépendent de votre situation réelle et sont à confirmer avec votre conseil.

LA DONATION N'EST PAS LE SEUL OUTIL

Donation, régime matrimonial, testament, assurance-vie : qui fait quoi.

Protéger son conjoint mobilise souvent plusieurs leviers complémentaires. La donation entre époux agit sur les droits successoraux ; le changement de régime matrimonial réorganise la propriété du patrimoine ; le testament et la clause bénéficiaire ciblent des biens précis. Le bon montage combine ces outils selon votre situation.

Outil
Effet principal
Coût indicatif
Réversible ?
Donation entre époux
Élargit les droits successoraux du conjoint
140 à 300 € (notaire)
Oui, révocable à tout moment
Changement de régime (communauté universelle)
Transfère tout le patrimoine au survivant
1 à 2 % de l'actif environ
Lourd à défaire
Testament
Attribue la quotité disponible au conjoint
0 à 150 € (olographe / notaire)
Oui, modifiable librement
Clause bénéficiaire AV
Capital hors succession au conjoint
Inclus dans le contrat
Oui, sauf acceptation
Effet principal Élargit les droits successoraux du conjoint
Coût indicatif 140 à 300 € (notaire)
Réversible ? Oui, révocable à tout moment
Effet principal Transfère tout le patrimoine au survivant
Coût indicatif 1 à 2 % de l'actif environ
Réversible ? Lourd à défaire
Effet principal Attribue la quotité disponible au conjoint
Coût indicatif 0 à 150 € (olographe / notaire)
Réversible ? Oui, modifiable librement
Effet principal Capital hors succession au conjoint
Coût indicatif Inclus dans le contrat
Réversible ? Oui, sauf acceptation
Choisir son régime matrimonial → Rédiger un testament → La clause bénéficiaire d'assurance-vie →
La marche à suivre

Mettre en place une donation entre époux, étape par étape.

Une démarche simple, rapide et peu coûteuse, qui passe obligatoirement par le notaire.

  1. 01

    Faire le point sur votre situation

    Régime matrimonial, enfants communs ou non, nature des biens : on identifie ce que la loi prévoit déjà et ce qui manque.

  2. 02

    Choisir la portée de la donation

    On définit l'étendue des droits accordés et les options laissées au conjoint, en cohérence avec le reste de la transmission.

  3. 03

    Signer l'acte chez le notaire

    La donation entre époux est obligatoirement notariée. Sa rédaction est simple et la signature rapide, pour un coût modique.

  4. 04

    Réviser quand la vie change

    Naissance, recomposition, évolution du patrimoine : la donation reste révocable et peut être ajustée à tout moment.

Avis clients

Ils ont sécurisé leur transmission avec nous.

29 avis Google, tous 5 étoiles. Un accompagnement patrimonial à Toulouse, Castres et Albi.

29 avis Google
5/5 note moyenne
100% recommandent

Anaïs C.

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★★★★★
Très bon rendez-vous, explications claires, précises et personnalisées. Professionnel à l'écoute. Je recommande.

mars 2026

Aurélie S.

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★★★★★
Des échanges constructifs avec Florent Cavaillès. Cela nous a permis de nous questionner, de nous projeter... merci à lui pour sa disponibilité et ses conseils !

mars 2026

Thierry B.

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★★★★★
Bonjour, Je recommande ce cabinet pour ces conseils en matière d'investissement et de patrimoine. Merci, Cordialement, Thierry

mai 2024

Tony R.

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★★★★★
J'ai eu le plaisir de collaborer avec Florent Cavaillès, fondateur du cabinet Occitea Patrimoine, pour la rédaction d'un article publié sur Forbes Digital. Son professionnalisme, sa rigueur et sa capacité à comprendre les enjeux spécifiques de chaque client sont remarquables. Je vous invite vivement à lire cet article pour découvrir son approche personnalisée et son expertise en gestion de patrimoine. Ce fut un réel plaisir de travailler avec lui et de mettre en lumière son savoir-faire.

octobre 2025

ACQ K.

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★★★★★
J'ai eu la chance d'être accompagné par Florent pour mes investissements, et je ne peux que le recommander ! Son expertise, sa pédagogie et sa disponibilité m'ont permis d'y voir plus clair et de prendre les meilleures décisions. Il prend vraiment le temps d'expliquer chaque option et s'assure que tout soit bien compris avant d'avancer. Un vrai professionnel de confiance ! 👌🔝

janvier 2025

Charlotte C.

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Florent est un professionnel très compétent et à l'écoute de ses clients. Je suis ravie de pouvoir lui faire confiance et de le conseiller à mes proches.

janvier 2025

Cindy B.

praticienne en Médecine Chinoise

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août 2024

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mars 2024

L'avis de Florent

La donation entre époux, je la conseille presque systématiquement.

Pour un couple marié avec enfants, c'est l'un des rares actes dont le rapport entre le coût et la protection est aussi favorable. Quelques centaines d'euros, une signature, et le conjoint passe d'un minimum légal souvent insuffisant à un vrai choix le jour venu. Je vois trop de survivants découvrir, dans la douleur du deuil, qu'ils ne sont plus seuls maîtres de leur logement.

Mais attention à ne pas la traiter comme un réflexe isolé. Une donation entre époux n'a de sens que reliée au régime matrimonial, à la présence d'enfants d'une autre union et à la place de l'assurance-vie. En famille recomposée surtout, le bon montage demande de la finesse : l'usufruit du beau-parent sur des biens destinés aux enfants du premier lit peut devenir une source de conflit. C'est là qu'un regard extérieur, sans parti pris, fait toute la différence.

Florent Cavailles
Florent Cavailles Gérant fondateur · Occitea Patrimoine

Sécuriser la situation de votre conjoint

Florent Cavailles fait le point sur vos droits réels, identifie les outils adaptés à votre couple et coordonne la mise en place avec votre notaire, dans votre seul intérêt.

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À VOS QUESTIONS

Vos questions sur la donation entre époux

Aucune : ce sont deux noms pour le même acte. « Donation au dernier vivant » est l'expression courante, « donation entre époux » est le terme juridique. Dans les deux cas, il s'agit d'un acte notarié par lequel un époux accorde à l'autre des droits successoraux supérieurs à ceux prévus par la loi, qui ne prennent effet qu'à son décès.

Oui, dans la plupart des cas. Sans donation, le conjoint survivant choisit entre un quart en pleine propriété ou l'usufruit de la totalité. La donation ajoute une troisième option (un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit) et sécurise le droit à l'usufruit total, ce qui permet au survivant de conserver son cadre de vie. Le choix se fait au décès, en fonction de la situation réelle du conjoint à ce moment-là.

Non. Depuis la loi de 2007, le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession, qu'il y ait ou non donation entre époux. La donation ne crée donc pas de fiscalité : elle agit uniquement sur l'étendue des droits transmis, pas sur leur imposition.

Le coût est modeste au regard de sa portée : généralement entre 140 et 300 € pour les deux époux, frais et droit d'enregistrement compris. C'est un acte simple à rédiger, sans transfert de patrimoine immédiat. Cette estimation est indicative et varie selon l'étude notariale.

Oui. Sauf si elle a été consentie dans un contrat de mariage, la donation entre époux est librement et discrètement révocable par celui qui l'a consentie, à tout moment et sans avoir à en informer l'autre. C'est l'une de ses grandes souplesses par rapport à un changement de régime matrimonial, beaucoup plus lourd à défaire. En cas de divorce, elle est en principe caduque.

Ce sont deux logiques différentes. La donation entre époux laisse le patrimoine se transmettre normalement au décès, en élargissant la part du conjoint et en lui ouvrant un choix. La communauté universelle avec clause d'attribution intégrale fait basculer tout le patrimoine au survivant, sans passer par la succession, mais elle est plus coûteuse, plus difficile à défaire et peut léser les enfants. Le bon outil dépend de votre âge, de la présence d'enfants communs ou non, et de vos objectifs de transmission. C'est l'arbitrage que nous instruisons lors d'un bilan.

Le PACS n'ouvre aucun droit successoral légal : sans testament, le partenaire survivant n'hérite de rien. La donation entre époux, elle, est réservée aux personnes mariées. Pour un couple pacsé, la protection passe donc par un testament (en respectant la réserve des enfants) et par la clause bénéficiaire d'une assurance-vie. Le partenaire de PACS bénéficie en revanche, comme l'époux, de l'exonération totale de droits de succession.