GUIDE PREMIUM · FISCALITÉ DE L'ASSURANCE-VIE

La fiscalité de l'assurance-vie, décodée pour 2026.

Rachat avant ou après huit ans, PFU à 30 %, abattement annuel, transmission avant et après 70 ans : tout ce qui détermine ce que vous payez réellement, exemples chiffrés à l'appui.

En bref

Seuls les gains sont taxés au rachat. Après 8 ans, abattement de 4 600 € par an (9 200 € pour un couple) et taux réduit.

30 % PFU sur gains avant 8 ans (2026)
152 500 € Abattement transmission par bénéficiaire

Le principe : on ne taxe jamais le capital, seulement les gains

C'est la règle qui désamorce la plupart des craintes sur la fiscalité de l'assurance-vie. Quand vous retirez de l'argent de votre contrat, l'impôt ne porte que sur la part de gains (intérêts, plus-values) contenue dans le retrait. Le capital que vous avez vous-même versé sort sans aucune taxation. Une assurance-vie n'est donc jamais taxée sur sa valeur totale, contrairement à une idée tenace.

Tant que l'argent reste investi sur le contrat, il ne génère aucun impôt sur le revenu : c'est le report d'imposition. La fiscalité ne se déclenche qu'à deux moments précis, le rachat (retrait de votre vivant) et le dénouement par décès (transmission aux bénéficiaires). Ces deux événements obéissent à des règles distinctes, que ce guide détaille l'une après l'autre.

Deux paramètres commandent presque tout : l'ancienneté du contrat (le cap des 8 ans change la donne) et, pour la transmission, votre âge au moment des versements (avant ou après 70 ans). Gardez ces deux repères en tête, le reste en découle.

Quand l'assurance-vie est-elle taxée ?

01

Pendant la vie du contrat

Aucune imposition tant que vous ne retirez rien. Les gains capitalisent en franchise d'impôt sur le revenu.

02

Au rachat (retrait)

Seule la part de gains du retrait est taxée. Le taux dépend de l'ancienneté du contrat.

03

Au décès (transmission)

Le capital est transmis hors succession, selon votre âge au moment des versements.

La fiscalité du rachat : retirer de votre vivant

Le rachat désigne tout retrait effectué sur votre contrat, qu'il soit partiel (vous laissez une partie investie) ou total (vous clôturez le contrat). Dans les deux cas, le mécanisme est identique : la somme retirée se décompose en une part de capital, non imposable, et une part de gains, imposable. L'assureur calcule ce prorata automatiquement et applique le prélèvement.

Sur la part de gains, vous êtes par défaut soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU, aussi appelé flat tax). En 2026, ce PFU s'élève à 30 % pour un contrat de moins de 8 ans : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Vous pouvez renoncer au PFU et opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, choix que nous abordons plus bas.

Le rachat partiel est l'un des grands atouts de l'enveloppe. Comme seule la fraction de gains est taxée, et que cette fraction est souvent modeste rapportée au capital versé, le coût fiscal réel d'un retrait reste fréquemment bien inférieur à ce que l'on imagine.

Avant 8 ans, après 8 ans : la fiscalité du rachat

Le franchissement des huit ans de détention fait basculer le contrat dans un régime nettement plus doux. Tableau des taux applicables en 2026 sur la part de gains.

Ancienneté du contrat
Imposition par défaut (PFU)
Option barème IR
Prélèvements sociaux
Moins de 4 ans
12,8 % (PFU)
TMI au choix
17,2 %
Entre 4 et 8 ans
12,8 % (PFU)
TMI au choix
17,2 %
Après 8 ans (≤ 150 K€)
7,5 % après abattement
TMI au choix
17,2 %
Après 8 ans (> 150 K€)
12,8 % au-delà de 150 K€ de primes
TMI au choix
17,2 %
Imposition par défaut (PFU) 12,8 % (PFU)
Option barème IR TMI au choix
Prélèvements sociaux 17,2 %
Imposition par défaut (PFU) 12,8 % (PFU)
Option barème IR TMI au choix
Prélèvements sociaux 17,2 %
Imposition par défaut (PFU) 7,5 % après abattement
Option barème IR TMI au choix
Prélèvements sociaux 17,2 %
Imposition par défaut (PFU) 12,8 % au-delà de 150 K€ de primes
Option barème IR TMI au choix
Prélèvements sociaux 17,2 %

Le seuil de 150 000 € s'apprécie sur le total des primes versées (nettes de rachats) sur l'ensemble de vos contrats. L'abattement annuel après 8 ans (4 600 € seul, 9 200 € pour un couple) s'applique sur les gains avant calcul de l'impôt, mais pas sur les prélèvements sociaux.

Exemple chiffré : un rachat partiel après 8 ans

Rien ne vaut un cas concret pour saisir l'écart entre la somme retirée et l'impôt réellement dû. Prenons un couple marié, contrat ouvert il y a dix ans.

Cas pratique

  • Contrat200 000 € de valeur, dont 150 000 € de primes versées
  • Plus-value latente50 000 € (soit 25 % de la valeur)
  • Rachat partiel souhaité40 000 €
  • Part de gains dans le rachat40 000 € × 25 % = 10 000 €
  • Abattement couple (après 8 ans)9 200 €
  • Gains imposables à l'IR10 000 - 9 200 = 800 €
  • Impôt sur le revenu (7,5 %)60 €
  • Prélèvements sociaux (17,2 % sur 10 000 €)1 720 €
  • Coût fiscal total1 780 € pour 40 000 € retirés

Soit moins de 5 % de la somme retirée, alors même que le contrat dépasse le seuil de 150 000 €. Sur un contrat plus jeune en plus-value, ce même retrait aurait coûté davantage : l'ancienneté est le premier levier d'optimisation.

Cet exemple illustre deux choses. D'abord, l'abattement annuel après 8 ans absorbe l'essentiel de l'impôt sur le revenu : ici, il ne reste que 60 € d'IR. Ensuite, les prélèvements sociaux constituent en réalité la charge principale, car ils s'appliquent sans abattement. C'est sur l'étalement des rachats dans le temps, année après année, que se gagne l'optimisation.

Pour mesurer le poids de l'ancienneté, comparons le coût fiscal d'un même rachat contenant 10 000 € de gains, pour un couple, selon l'âge du contrat. À retenir : seul le taux d'impôt bouge, les prélèvements sociaux de 17,2 % restent identiques.

Ancienneté du contrat Abattement Impôt sur le revenu Prélèvements sociaux Coût fiscal total
Moins de 8 ans Aucun 1 280 € (12,8 %) 1 720 € 3 000 €
Après 8 ans (primes ≤ 150 K€) 9 200 € 60 € (7,5 % sur 800 €) 1 720 € 1 780 €

Pour un montant de gains identique, franchir le cap des 8 ans fait passer la facture de 3 000 € à 1 780 €, soit plus de 40 % d'économie. Attendre, quand c'est possible, reste le levier le plus simple.

Les prélèvements sociaux : la part incompressible

Les prélèvements sociaux s'élèvent à 17,2 % pour l'assurance-vie et frappent tous les gains du contrat, quelle que soit l'ancienneté. Ils sont dus en sus de l'impôt sur le revenu et ne bénéficient d'aucun abattement. C'est la composante qui ne se contourne pas, là où le taux d'impôt, lui, peut être réduit ou neutralisé.

Le moment du prélèvement diffère selon les supports. Sur le fonds euros, les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année, lors de l'inscription des intérêts en compte (on parle de prélèvement « au fil de l'eau »). Sur les unités de compte, ils ne sont prélevés qu'au rachat ou au décès, sur les gains effectivement réalisés. Cette différence a son importance dans la construction d'une allocation.

Fonds euros ou unités de compte ? Comprendre l'assurance-vie

La fiscalité de l'assurance-vie en cas de décès

C'est sur la transmission que l'assurance-vie prend tout son sens. Au décès du souscripteur, les capitaux ne tombent pas dans la succession : ils sont versés directement aux bénéficiaires désignés dans la clause, selon un régime fiscal qui lui est propre. Vous pouvez ainsi transmettre à des personnes hors du cercle des héritiers, et souvent à un coût bien inférieur aux droits de succession classiques.

Premier réflexe à connaître : le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés, sans plafond. Si la clause les désigne, ils reçoivent les capitaux sans aucune fiscalité. Pour les autres bénéficiaires (enfants, neveux, tiers), le régime dépend d'un seul paramètre, l'âge auquel les primes ont été versées : avant ou après 70 ans.

Avant 70 ans, après 70 ans : deux régimes de transmission

L'âge au moment du versement, et non l'âge au décès, détermine le régime applicable. Un même contrat peut donc relever des deux régimes selon la date de chaque prime.

Critère
Primes versées avant 70 ans
Primes versées après 70 ans
Assiette taxée
Capital transmis (primes + gains)
Primes versées uniquement
Abattement
152 500 € par bénéficiaire
30 500 € à partager entre tous
Taux au-delà
20 % puis 31,25 %
Barème des droits de succession
Gains transmis
Inclus dans l'assiette
Totalement exonérés
Texte de référence
Art. 990 I du CGI
Art. 757 B du CGI
Primes versées avant 70 ans Capital transmis (primes + gains)
Primes versées après 70 ans Primes versées uniquement
Primes versées avant 70 ans 152 500 € par bénéficiaire
Primes versées après 70 ans 30 500 € à partager entre tous
Primes versées avant 70 ans 20 % puis 31,25 %
Primes versées après 70 ans Barème des droits de succession
Primes versées avant 70 ans Inclus dans l'assiette
Primes versées après 70 ans Totalement exonérés
Primes versées avant 70 ans Art. 990 I du CGI
Primes versées après 70 ans Art. 757 B du CGI

L'abattement de 152 500 € (avant 70 ans) s'apprécie par bénéficiaire et tous contrats confondus. Celui de 30 500 € (après 70 ans) est global, partagé entre tous les bénéficiaires au prorata. À retenir : les gains des versements après 70 ans restent toujours exonérés.

Bien lire la fiscalité après 70 ans

La fiscalité des versements après 70 ans souffre d'une mauvaise réputation, en partie injustifiée. Oui, l'abattement chute à 30 500 € et il est partagé entre tous les bénéficiaires. Mais deux atouts demeurent. D'une part, les gains produits par ces primes échappent totalement à la taxation, quel que soit leur montant. D'autre part, l'abattement de 30 500 € se cumule avec l'abattement de 152 500 € des versements antérieurs : verser après 70 ans ne fait pas disparaître les droits acquis avant.

Concrètement, continuer à alimenter un contrat après 70 ans reste pertinent dès lors que l'épargne a le temps de produire des intérêts, et que l'on ne dépasse pas trop l'abattement global. C'est un arbitrage qui se calcule au cas par cas, en regard de la situation familiale et du nombre de bénéficiaires. La rédaction de la clause bénéficiaire, là encore, fait toute la différence.

Assurance-vie et succession, le guide Rédiger sa clause bénéficiaire Donner avant 70 ans

Optimiser la fiscalité de votre assurance-vie

La fiscalité de l'assurance-vie se pilote, elle ne se subit pas. Voici les leviers que nous activons dans un accompagnement patrimonial, classés par ordre d'impact.

« On ne réduit pas la fiscalité d'une assurance-vie en changeant de contrat, mais en choisissant le bon moment et la bonne séquence pour en sortir. »
1

Étaler les rachats sur plusieurs années

Après 8 ans, l'abattement annuel (4 600 € ou 9 200 €) se renouvelle chaque année. Fractionner un retrait important sur deux ou trois exercices permet de purger les gains presque sans impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus.

2

Arbitrer le choix PFU contre barème

Pour un foyer faiblement imposé, l'option pour le barème de l'impôt sur le revenu peut être plus avantageuse que le PFU à 12,8 %. L'option étant globale sur l'année, elle se simule avant de déclarer.

3

Soigner la rédaction de la clause bénéficiaire

Une clause bien construite répartit les capitaux pour utiliser pleinement l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire, intègre le démembrement quand c'est pertinent, et anticipe les remplois. C'est souvent là que se joue le plus gros gain fiscal.

4

Calibrer les versements autour de 70 ans

Concentrer les versements importants avant 70 ans, puis n'alimenter le contrat qu'avec mesure ensuite, optimise l'usage des deux abattements successoraux. L'arbitrage dépend de l'horizon et de la composition de la famille.

5

Choisir l'enveloppe selon le projet

Pour une transmission à des personnes morales ou pour conserver l'antériorité fiscale lors d'une donation, le contrat de capitalisation peut compléter l'assurance-vie. Pour préparer la retraite avec une déduction à l'entrée, le PER et sa fiscalité répondent à une logique différente. Le bon outil dépend de l'objectif, pas d'une solution toute faite.

Votre fiscalité mérite un calcul, pas une approximation.

Étalement des rachats, arbitrage PFU contre barème, clause bénéficiaire : chaque levier se chiffre sur votre situation réelle, rémunération connue avant toute recommandation.

Évaluer votre situation

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal ou en investissement personnalisé. La fiscalité de l'assurance-vie dépend de votre situation individuelle et est susceptible d'évoluer. Les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital. Un bilan patrimonial est nécessaire avant toute décision.

Avis clients

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J'ai contacté le cabinet de Florent pour qu'il m'aide dans la gestion de mon contrat d'assurance vie. Disponible et réactif je le recommande.

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L'avis de Florent

Ce que la fiscalité ne dit pas dans les tableaux

Les taux qu'on lit partout (30 %, 7,5 %, 152 500 €) ne sont qu'un décor. Ce qui change réellement la facture, c'est la séquence : à quel moment vous rachetez, comment vous étalez, comment votre clause bénéficiaire est écrite. J'ai vu des contrats parfaitement choisis ruinés par une clause rédigée à la va-vite, et des contrats moyens devenir excellents par une simple discipline de rachats.

Mon métier n'est pas de vous réciter le Code général des impôts, c'est de calculer, sur votre situation, ce que coûte chaque option, puis de vous laisser décider en connaissance de cause. Et comme notre rémunération est transparente avant tout engagement, ce calcul reste le vôtre, jamais celui d'un produit à pousser.

Florent Cavailles
Florent Cavailles Gérant fondateur · Occitea Patrimoine

La documentation commerciale sera remise par votre Conseiller concomitamment à votre Rapport de Conseil et d'Adéquation qui comportera un rappel sur les avantages, inconvénients et risques des produits alors conseillés. Les produits d'investissement sont des investissements long terme qui n'offrent aucune garantie de rendement ou de performance et peuvent présenter, pour certains, un risque de perte en capital et de liquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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À VOS QUESTIONS

Vos questions sur la fiscalité de l'assurance-vie

Seuls les gains compris dans le rachat sont imposés, jamais le capital que vous avez versé. Avant 8 ans, la part de gains supporte le prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux). Après 8 ans, le taux d'impôt tombe à 7,5 % sur les primes inférieures à 150 000 €, après application d'un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule (9 200 € pour un couple). Vous pouvez toujours opter pour le barème de l'impôt sur le revenu si c'est plus favorable.

Lors d'un rachat partiel, l'administration considère que chaque retrait contient une part de capital (non taxée) et une part de gains (taxée), au prorata de la composition du contrat. Vous ne payez donc pas d'impôt sur l'intégralité de la somme retirée, mais seulement sur la fraction correspondant aux intérêts. C'est ce qui rend le rachat partiel souvent peu coûteux fiscalement, surtout sur un contrat ancien dont une large part reste constituée de capital versé.

Après 8 ans de détention, vous bénéficiez chaque année d'un abattement sur les gains rachetés : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Au-delà de cet abattement, les gains issus de primes inférieures à 150 000 € sont imposés à 7,5 %, puis à 12,8 % au-delà. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas. En pratique, un couple peut retirer plusieurs milliers d'euros de gains par an sans payer d'impôt sur le revenu.

L'assurance-vie est transmise hors succession, ce qui la distingue des autres actifs. Le régime dépend de l'âge du souscripteur au moment des versements. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € ; au-delà, la taxation est de 20 % puis 31,25 %. Pour les primes versées après 70 ans, l'abattement global est de 30 500 € à partager entre tous les bénéficiaires, mais les gains restent totalement exonérés.

Les primes versées après 70 ans relèvent de l'article 757 B du Code général des impôts. Seules les primes (et non les gains qu'elles produisent) entrent dans l'assiette taxable, après un abattement global de 30 500 € partagé entre l'ensemble des bénéficiaires. Au-delà, ces primes sont soumises au barème classique des droits de succession, selon le lien de parenté. Les intérêts générés par ces versements échappent totalement à la taxation, ce qui maintient un intérêt même après 70 ans.

Non. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés, qu'il s'agisse de capitaux issus de l'assurance-vie ou de la succession classique, en application de la loi TEPA. Désigner son conjoint comme bénéficiaire d'un contrat ne génère donc aucune fiscalité pour lui. Reste que la clause bénéficiaire se réfléchit au-delà du seul conjoint : c'est souvent en pensant aussi aux enfants qu'on optimise la transmission.

Le PFU s'applique par défaut, mais vous pouvez opter pour le barème de l'impôt sur le revenu lors de votre déclaration. L'option est globale : elle vaut pour tous vos revenus de capitaux mobiliers de l'année. Elle est généralement favorable aux foyers faiblement imposés (tranche à 0 % ou 11 %), qui paieront moins que les 12,8 % du PFU. Un foyer à la tranche à 30 % ou plus conserve presque toujours intérêt au PFU. Ce choix se simule, il ne se devine pas.