La baisse de revenu mal mesurée
La fraction de pension ne compense pas toujours le salaire perdu, surtout à faible quotité.
La parade Chiffrer le revenu net réel, charges et impôt compris, avant de signer l'avenant.
Travailler à temps partiel tout en percevant une fraction de sa pension, et continuer à cotiser. Conditions, calcul, cas de la fonction publique, pièges fréquents et arbitrages patrimoniaux à anticiper.
La retraite progressive est un dispositif qui permet de réduire son temps de travail en fin de carrière tout en percevant une fraction de sa pension de retraite. Vous passez à temps partiel, votre employeur ajuste votre rémunération en conséquence, et votre caisse vous verse une part de pension calculée selon la quotité non travaillée. Le tout sans cesser d'acquérir de nouveaux droits.
C'est, sur le papier, la transition idéale entre l'activité et la retraite complète. Dans les faits, l'intérêt dépend de votre quotité, de votre fiscalité et de votre capacité à compléter la baisse de revenu. Notre rôle, en tant que cabinet de gestion de patrimoine, n'est pas de vous vendre un produit, mais de poser le calcul à plat et d'organiser, si besoin, un complément cohérent avec le reste de votre patrimoine.
Avoir atteint l'âge légal minoré de deux ans, soit 60 ans pour les générations concernées par la réforme de 2023.
Justifier d'au moins 150 trimestres validés, tous régimes confondus, à la date de la demande.
Exercer entre 40 % et 80 % d'un temps complet, avec l'accord de l'employeur (ou temps réduit pour les indépendants).
Le dispositif est ouvert aux salariés, aux indépendants (artisans, commerçants, professions libérales) et, depuis le 1er septembre 2023, aux fonctionnaires et aux mandataires sociaux.
La fraction de pension versée correspond au pourcentage de temps non travaillé. Si vous travaillez à 60 %, vous percevez 40 % de la pension à laquelle vous auriez droit à cette date. À cela s'ajoute votre salaire à temps partiel. Voici le barème, pour les quotités admises.
| Temps travaillé | Part de pension versée |
|---|---|
| 40 % | 60 % |
| 50 % | 50 % |
| 60 % | 40 % |
| 70 % | 30 % |
| 80 % | 20 % |
Barème indicatif. La pension de base et la complémentaire (Agirc-Arrco) suivent la même logique de proportion. Les montants exacts dépendent de vos droits acquis à la date de la demande.
UN EXEMPLE CONCRET
Prenons un salarié à 3 000 € net qui passe à 60 % de temps de travail. Il perçoit alors 40 % de sa pension calculée à cette date. Le revenu total reste proche du salaire plein, pour un temps de travail réduit de deux jours par semaine.
Exemple simplifié à titre pédagogique, hors fiscalité et charges sociales propres à chaque situation. Le gain net réel dépend de votre taux d'imposition, souvent allégé pendant cette phase de revenus réduits.
Quatre temps pour basculer en douceur, en sécurisant le revenu.
On contrôle l'âge, les 150 trimestres et la faisabilité d'un temps partiel dans votre situation.
On simule plusieurs quotités (40 à 80 %) pour trouver l'équilibre revenu, fiscalité et qualité de vie.
On calibre les rachats sur assurance-vie ou une sortie partielle de PER pour lisser la baisse de salaire.
On anticipe le recalcul de pension à l'arrêt total, pour ne pas figer une situation défavorable.
Le dispositif est attractif, mais plusieurs inconvénients ne se neutralisent que s'ils sont anticipés. Les voici, classés par fréquence dans les situations que nous voyons, avec la parade pour chacun.
La fraction de pension ne compense pas toujours le salaire perdu, surtout à faible quotité.
La parade Chiffrer le revenu net réel, charges et impôt compris, avant de signer l'avenant.
Le passage à temps partiel n'est pas automatique : un refus peut bloquer tout le projet.
La parade Préparer la demande en amont et prévoir une quotité de repli négociable.
Certaines garanties d'entreprise sont indexées sur le temps de travail et baissent avec lui.
La parade Relire le contrat collectif et combler les éventuels trous de couverture.
Choisir 80 % par confort puis le regretter : la quotité conditionne tout l'équilibre.
La parade Arbitrer la quotité selon un revenu cible, pas par défaut ou par habitude.
Mal préparée, la liquidation totale ne valorise pas pleinement les trimestres acquis.
La parade Anticiper la date d'arrêt total et le recalcul de pension dès le départ.
Les montants, taux et seuils mentionnés sont indicatifs et susceptibles d'évoluer selon la réglementation. Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Un bilan retraite individualisé est nécessaire pour évaluer votre situation.
Longtemps réservée au privé, la retraite progressive est ouverte aux fonctionnaires depuis le 1er septembre 2023, dans les trois versants : fonction publique d'État, territoriale et hospitalière. Les conditions rejoignent celles du privé, à savoir l'âge légal minoré de deux ans, 150 trimestres, et un temps partiel autorisé par l'administration. La part de pension servie suit la quotité, et l'activité poursuivie continue d'ouvrir des droits.
Quelques spécificités méritent attention pour les agents publics : le sort de la NBI, l'articulation avec les primes et le mode de calcul de la pension diffèrent du régime général. Le service des ressources humaines et un conseil patrimonial permettent de vérifier que la bascule joue bien en votre faveur. Le tableau ci-dessous résume les points communs et les différences avec le privé.
La transition se prépare bien en amont. Pendant les années à revenu réduit, plusieurs leviers permettent de lisser la baisse et d'optimiser la fiscalité.
Coupler la retraite progressive à un effort d'épargne déductible : découvrez le plan d'épargne retraite, son plafond et son intérêt.
Pendant la retraite progressive, vos revenus baissent : un bon moment pour piloter la fiscalité du PER et la déduction des versements.
Dirigeant de société, la retraite progressive a ses propres règles. Voir nos repères sur la retraite du dirigeant.
Lisser la baisse de revenus avec des rachats programmés sur une assurance-vie : l'enveloppe souple du complément de retraite.
On me pose la question presque chaque semaine. Ma réponse tient en une phrase : c'est rarement une mauvaise idée, à condition de poser le calcul avant de signer l'avenant à temps partiel. La plupart des gens regardent la baisse de salaire et s'arrêtent là. Ils oublient deux choses qui changent tout.
D'abord, vous continuez à cotiser, donc votre pension finale est recalculée, souvent à la hausse. Ensuite, une baisse de revenu professionnel est aussi une fenêtre fiscale : c'est parfois le bon moment pour piloter des rachats d'assurance-vie ou une sortie de PER, là où le taux marginal d'imposition est plus doux. Bien orchestrée, la retraite progressive n'est pas qu'une transition de confort, c'est un levier patrimonial. Mal préparée, elle se résume à travailler moins pour gagner beaucoup moins. La différence, c'est le calcul fait en amont, sans parti pris.
29 avis Google, tous 5 étoiles. À Toulouse, Castres et Albi, un accompagnement qui s'inscrit dans la durée.
Alexis D.
Avis Google
Compétent, honnête et rigoureux, j'apprécie par ailleurs l'accessibilité et la réactivité de Florent dans toutes le démarches. Je conseille vivement son accompagnement
novembre 2023
Benoît L.
Avis Google
Excellent conseiller. Je le recommande, il m'accompagne sur mon contrat d'assurance vie.
novembre 2023
Bruno M.
Avis Google
Excellent conseiller, il a su m'accompagner dans mes besoins de placement financier. Je le recommande.
novembre 2023
Céline L.
Avis Google
Très pédagogue, tout est bien présenté, et Florent se montre disponible en cas de besoin, je recommande
octobre 2023
Jacques C.
Avis Google
Super. Le contenu est très clair et présente bien les différents services que tu propose... félicitations et à bientôt pour d'autres échanges....
mai 2023
Mel I.
Avis Google
Professionnel, pedaguo, dispo et à l'écoute merci pour les conseils.
décembre 2023
Clément B.
Avis Google
Satisfait du conseil en gestion et également du placement proposé. Je recommande cette entreprise!
janvier 2023
Coralie M.
Avis Google
Merci Florent pour vos conseils avisés et vos explications
décembre 2023
Florent Cavailles simule plusieurs quotités, chiffre la baisse de revenu réelle et organise, si besoin, un complément cohérent avec votre patrimoine.
Trois conditions cumulatives. D'abord l'âge : il faut avoir atteint l'âge légal minoré de deux ans, soit 60 ans pour les générations concernées par la réforme de 2023. Ensuite la durée d'assurance : justifier d'au moins 150 trimestres, tous régimes confondus. Enfin l'activité : exercer à temps partiel (ou à temps réduit pour les indépendants), entre 40 % et 80 % d'un temps complet. L'employeur doit donner son accord au passage à temps partiel. Le dispositif est ouvert aux salariés, aux artisans, commerçants, professions libérales et, depuis 2023, aux fonctionnaires et aux mandataires sociaux.
Souvent, oui, sur la phase de transition. Vous additionnez un salaire à temps partiel et une fraction de pension : le revenu global dépasse fréquemment la seule pension à taux plein, tout en travaillant moins. Surtout, vous continuez à cotiser, donc à acquérir des trimestres et des points : votre pension définitive est recalculée à la liquidation totale, généralement à la hausse. L'arbitrage n'est pas seulement financier : il porte aussi sur la qualité de vie et la transition douce vers l'arrêt. Un calcul personnalisé, intégrant fiscalité et baisse de charges, tranche au cas par cas.
Depuis le 1er septembre 2023, la retraite progressive est ouverte aux fonctionnaires (fonction publique d'État, territoriale et hospitalière). Les conditions sont proches du privé : âge légal minoré de deux ans, 150 trimestres, et exercice à temps partiel autorisé par l'administration. La part de pension servie est calculée selon la quotité travaillée. Comme dans le privé, les fonctionnaires continuent d'acquérir des droits sur l'activité poursuivie. Quelques spécificités demeurent sur le calcul de la pension et l'articulation avec la NBI ou les primes : un point de vigilance à examiner avec son service RH et son conseil.
Le premier piège est la baisse de revenu immédiate mal anticipée : la fraction de pension ne compense pas toujours intégralement le salaire perdu, surtout si la quotité de temps partiel est faible. Deuxième piège : l'accord de l'employeur, qui n'est pas automatique pour le passage à temps partiel. Troisième point, l'impact sur la complémentaire santé et la prévoyance d'entreprise, parfois indexées sur le temps de travail. Enfin, mal calibrée, la retraite progressive peut figer une quotité défavorable. Ces inconvénients se neutralisent par un calcul préalable et, souvent, par la mise en place d'un complément (rachats sur assurance-vie, sortie partielle de PER).
Pendant la retraite progressive, vous restez salarié à temps partiel : un arrêt maladie ouvre droit aux indemnités journalières de la Sécurité sociale, calculées sur le salaire à temps partiel, et le cas échéant au complément employeur prévu par la convention collective. La fraction de pension de retraite progressive, elle, continue d'être versée en parallèle. En cas d'arrêt long, l'articulation entre IJ, maintien de salaire et pension partielle mérite une vérification précise, car les règles varient selon le régime et la durée de l'arrêt.
Oui. Tant que vous travaillez à temps partiel, vous continuez à cotiser et à valider des trimestres ainsi que des points de retraite complémentaire. Lorsque vous cessez totalement votre activité, votre pension est recalculée en tenant compte de ces droits supplémentaires. Si vous n'aviez pas le taux plein au départ, la poursuite d'activité peut vous en rapprocher, voire l'atteindre. C'est l'un des intérêts majeurs du dispositif, par rapport à un simple temps partiel de fin de carrière.