L'habilitation familiale, la voie de la famille soudée
L'habilitation familiale permet à un proche (conjoint, partenaire de PACS, enfant, parent, frère ou sœur) d'être autorisé par le juge à représenter ou assister une personne qui ne peut plus exprimer sa volonté. Introduite en 2016, elle est plus souple qu'une tutelle classique : une fois accordée, elle se poursuit sans le contrôle continu d'un juge, ce qui allège la gestion au quotidien.
Elle peut être générale (la personne habilitée gère l'ensemble des intérêts) ou limitée à certains actes précisément énumérés. Une habilitation générale donne notamment accès aux comptes bancaires de la personne protégée : régler les dépenses, percevoir les revenus, consulter les relevés. La banque exige la copie de la décision du juge avant d'ouvrir cet accès, d'où l'intérêt de rassembler les justificatifs dès le départ.
Son revers : elle suppose une famille unie. Si les proches sont en désaccord sur la personne à désigner, ou si le majeur souhaite confier sa protection à quelqu'un d'extérieur, le mandat de protection future, signé en amont, reste la meilleure parade.
Exemple À la suite d'un AVC, un parent de 72 ans ne peut plus gérer ses comptes ni vendre son appartement pour financer une maison de retraite. Aucun mandat n'avait été signé. La famille saisit le juge des contentieux de la protection : comptez plusieurs mois de procédure, un certificat médical circonstancié (environ 160 €) et l'examen du dossier avant qu'une habilitation familiale générale ne soit accordée à l'un des enfants. Le même résultat aurait été obtenu en quelques jours, sans juge, avec un mandat notarié signé dix ans plus tôt.