Garder une poche de sécurité
Le fonds euros reste le bon abri pour l'épargne de précaution et les projets à court terme. Pour les sommes que vous ne voulez pas voir bouger, sa protection du capital n'a pas d'équivalent dans une assurance-vie.
Rendement 2025 servi début 2026, bonus conditionnés, fonds euros nouvelle génération : notre lecture objective du cru 2026, pour décider quelle place leur garder dans une assurance-vie, sans illusion ni rejet de principe.
Chaque début d'année, la même question revient : le fonds euros vaut-il encore quelque chose ? En 2026, la réponse honnête est nuancée. Après des années de taux planchers, les rendements se sont redressés depuis 2023 grâce à la remontée des taux obligataires. Le cru 2025, servi en 2026, devrait se situer entre 2,5 % et 3,5 % brut selon les contrats, parfois davantage avec un bonus. C'est mieux qu'il y a cinq ans, mais cela reste à comparer à l'inflation et aux frais.
L'erreur serait de raisonner en tout ou rien. Le fonds euros garde un rôle clair pour l'épargne de précaution et les projets à court terme, là où la protection du capital prime. Ce qu'il ne peut plus faire, c'est porter à lui seul la croissance d'un patrimoine sur quinze ou vingt ans. Vous connaissez précisément notre rémunération avant toute recommandation : nous n'avons aucun produit à pousser, notre seul biais est de vous aider à calibrer la bonne proportion.
Le fonds euros est le compartiment sécurisé d'un contrat d'assurance-vie. Les sommes y sont majoritairement investies par l'assureur dans des obligations, principalement des dettes d'États et de grandes entreprises. En échange, deux promesses : la protection du capital versé et un rendement annuel, certes modeste, mais acquis définitivement chaque année. C'est ce qu'on appelle l'effet cliquet : les intérêts d'une année sont verrouillés et ne peuvent plus être repris.
Cette mécanique explique à la fois sa force et sa limite. Sa force : vous ne pouvez pas perdre le capital placé, hors frais et fiscalité. Sa limite : un assureur qui doit garantir le capital ne peut prendre que peu de risques, donc viser un rendement élevé. Quand les taux obligataires sont bas, le rendement suit. Quand ils remontent, comme depuis 2023, le rendement se redresse, mais avec retard, car l'assureur détient encore d'anciennes obligations peu rémunératrices.
Le taux que vous touchez début 2026 récompense l'année 2025. Voici par quoi il passe avant d'arriver sur votre contrat.
L'assureur perçoit les coupons des obligations détenues dans le fonds. La remontée des taux depuis 2023 a relevé ce rendement de base.
Une partie du rendement peut être mise en réserve (provision pour participation aux bénéfices) pour lisser les taux d'une année sur l'autre.
En début d'année, chaque assureur publie le taux servi au titre de l'année écoulée. Un bonus peut s'ajouter sous conditions.
Les frais de gestion et les prélèvements sociaux de 17,2 % sont déduits (taux maintenu pour l'assurance-vie en 2026). C'est le taux net qui compte réellement pour vous.
Moyennes de marché indicatives, avant prélèvements sociaux et frais. Le redressement amorcé en 2023 se confirme, sans retrouver les niveaux d'avant 2010.
* 2025 : estimation servie début 2026, à confirmer contrat par contrat.
Entre le contrat d'un grand réseau bancaire et celui d'un assureur mutualiste, l'écart de rendement peut dépasser un point et demi. Quelques repères par famille d'acteurs, sur le cru 2025 servi en 2026.
| Famille d'acteurs | Exemples | Rendement 2025 | À savoir |
|---|---|---|---|
| Bancassureurs grand public | réseaux bancaires classiques | 1,8 - 2,8 % | Encours massifs, anciennes obligations encore présentes |
| Assureurs mutualistes | MACSF, MIF, Garance | 2,8 - 3,6 % | Souvent au-dessus de la moyenne, sans contrainte d'UC |
| Acteurs en ligne / fintech | Linxea, Spirica, Suravenir | 2,5 - 3,2 % | Frais réduits, fonds euros classiques accessibles |
| Fonds euros nouvelle génération | fonds immobiliers / dynamiques | 3,2 - 4,5 % | Garantie partielle, part d'UC souvent imposée |
Fourchettes indicatives de marché, à titre d'illustration. Les acteurs cités le sont à titre d'exemple, sans recommandation. Le bon contrat dépend de votre situation : voir notre comparatif des assurances-vie.
Face à l'érosion des fonds euros classiques, les assureurs ont lancé des fonds euros dits nouvelle génération, parfois appelés dynamiques ou immobiliers. L'idée : intégrer une dose d'immobilier, d'actions ou de private equity pour viser un rendement supérieur, souvent un à un point et demi de plus que le fonds euros classique sur les bonnes années.
La contrepartie mérite d'être lue de près. La garantie du capital devient souvent partielle, par exemple 96 à 98 % des versements, et l'accès est fréquemment conditionné à une part minimale d'unités de compte dans le contrat, parfois 30 à 50 %. Autrement dit, ces fonds ne sont pas un simple fonds euros amélioré : ils supposent une allocation déjà diversifiée. Le comparatif ci-dessous met les options côte à côte.
Trois réflexes pour intégrer le fonds euros à bon escient, selon votre horizon et vos projets, plutôt que de le subir.
Le fonds euros reste le bon abri pour l'épargne de précaution et les projets à court terme. Pour les sommes que vous ne voulez pas voir bouger, sa protection du capital n'a pas d'équivalent dans une assurance-vie.
Sur un horizon long, accepter une part de risque maîtrisé via les unités de compte permet de viser un rendement supérieur à l'inflation, ce que le fonds euros seul peine désormais à offrir.
Tous les fonds euros ne se valent pas : taux servi, bonus, frais sur versement. Notre méthode objective vous aide à savoir quelle assurance-vie choisir selon votre profil.
Deux niveaux de prélèvement coexistent. Les prélèvements sociaux, de 17,2 % (taux maintenu pour l'assurance-vie, non soumise à la hausse 2026), frappent les gains du fonds euros chaque année, prélevés directement par l'assureur. C'est pourquoi le taux net que vous touchez est toujours inférieur au taux brut annoncé. L'impôt sur le revenu, lui, n'intervient qu'au moment d'un rachat.
Avant huit ans de détention du contrat, les gains rachetés relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 30 %, soit 12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux. Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple, s'applique sur les gains, avec un taux d'imposition réduit au-delà. C'est cet abattement, et le taux réduit qui l'accompagne, qui fait de l'assurance-vie une enveloppe de long terme, fonds euros compris.
Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs. Le taux servi par un fonds euros n'est connu et acquis qu'une fois annoncé par l'assureur. Les fonds euros nouvelle génération ne garantissent pas l'intégralité du capital. Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.
Prenons un fonds euros qui sert 3 % brut en 2026 sur 10 000 euros placés. Voici ce qu'il reste vraiment, une fois les frais, les prélèvements sociaux et l'inflation passés par là.
| Étape | Montant | En % | Détail |
|---|---|---|---|
| Rendement brut servi | + 300 € | 3,00 % | Taux annoncé par l'assureur début 2026 |
| Frais de gestion (0,7 %) | - 70 € | - 0,70 % | Prélevés sur l'encours par le contrat |
| Prélèvements sociaux (17,2 %) | - 40 € | - 0,40 % | Sur les 230 € de gains restants, chaque année (AV maintenu à 17,2 % en 2026) |
| Gain net en poche | + 190 € | 1,90 % | Rendement réellement acquis sur l'année |
| Effet inflation (~1,8 %) | + 7 € | 0,07 % | Pouvoir d'achat réellement préservé |
Le taux brut de 3 % devient 1,87 % net dans votre poche, et à peine au-dessus de zéro une fois l'inflation déduite. Ce calcul n'est pas un argument contre le fonds euros : c'est la raison pour laquelle il ne peut pas, seul, faire grandir un patrimoine sur le long terme. Pour viser au-delà de l'inflation, il faut accepter une part de risque maîtrisé via les unités de compte, des SCPI ou, pour un dirigeant, un contrat de capitalisation logé en société.
On me pose la question presque chaque semaine : faut-il sortir du fonds euros ? Ma réponse déçoit ceux qui attendent un oui ou un non. Le fonds euros n'est ni un placement dépassé, ni un refuge universel. C'est un outil, excellent pour ce qu'il sait faire et inadapté pour le reste. Mettre toute son épargne dessus sur vingt ans, c'est accepter de voir son patrimoine à peine suivre l'inflation. Le bannir par principe, c'est se priver de la seule poche vraiment stable d'un contrat.
Ce que je regarde avec mes clients, ce n'est pas le produit, c'est la proportion. Combien de mois de dépenses dois-je garder accessibles et protégés ? Quel horizon ai-je sur le reste ? À partir de là, le fonds euros trouve naturellement sa juste place, souvent moins importante qu'on ne le croit. Vous connaissez précisément ma rémunération avant toute recommandation : je n'ai aucun intérêt à vous faire arbitrer pour arbitrer. Parfois, le meilleur conseil est de ne rien bouger.
29 avis Google, tous 5 étoiles. À Toulouse, Castres et Albi, nos clients saluent des conseils sans pression commerciale.
Clément B.
Avis Google
Satisfait du conseil en gestion et également du placement proposé. Je recommande cette entreprise!
janvier 2023
Coralie M.
Avis Google
Merci Florent pour vos conseils avisés et vos explications
décembre 2023
Adrien B.
Avis Google
Conseiller à l'écoute et compétent. Je recommande !
mai 2023
Émilie P.
Avis Google
Travail sérieux, dirigeant impliqué et réactif. Je recommande
mai 2023
Benjamin M.
Avis Google
Conseiller à l'écoute et compétent. Je recommande
novembre 2023
Benjamin F.
Avis Google
J'ai fait appel à Florent pour des conseils stratégiques sur ma situation personnelle, en seulement quelques minutes, il a parfaitement compris ma ligne directrice et m'a proposé des solutions adaptées avec un suivi à court, moyen et long terme, au top 👌🏼
juin 2026
Anaïs C.
Avis Google
Très bon rendez-vous, explications claires, précises et personnalisées. Professionnel à l'écoute. Je recommande.
mars 2026
Aurélie S.
Avis Google
Des échanges constructifs avec Florent Cavaillès. Cela nous a permis de nous questionner, de nous projeter... merci à lui pour sa disponibilité et ses conseils !
mars 2026
Florent Cavailles analyse votre contrat actuel, vos projets et votre horizon, puis vous propose une allocation calibrée dans votre seul intérêt, sans pression commerciale.
Le taux servi en 2026 correspond au rendement de l'année 2025, annoncé par les assureurs en début d'année. Sur le marché, l'ordre de grandeur attendu se situe entre 2,5 % et 3,5 % brut, avant prélèvements sociaux et frais de gestion. Les meilleurs contrats, souvent assortis d'un bonus de fidélité ou conditionné à une part d'unités de compte, peuvent dépasser ce niveau. Ces chiffres sont des estimations de marché : le taux exact dépend de votre contrat et n'est garanti qu'une fois annoncé par l'assureur.
Un fonds euros nouvelle génération (parfois dit dynamique ou immobilier) cherche un rendement supérieur au fonds euros classique en intégrant davantage d'immobilier, d'actions ou de private equity dans son actif. En contrepartie, la garantie du capital est souvent partielle (par exemple 96 à 98 % des versements) et l'accès est fréquemment conditionné à une part minimale d'unités de compte dans le contrat. C'est un compromis entre la sécurité du fonds euros et le potentiel des marchés.
Tout dépend de l'usage. Pour une épargne de précaution ou un projet à court terme, sa protection du capital reste précieuse, même si le rendement net se rapproche de l'inflation. En revanche, comme moteur principal de croissance d'un patrimoine sur quinze ou vingt ans, il montre ses limites : son rendement net de frais, de prélèvements sociaux et d'inflation peut devenir très faible, voire nul certaines années. La réponse n'est pas de l'abandonner, mais de calibrer sa proportion selon votre horizon.
Oui, certains contrats acceptent encore une allocation 100 % fonds euros, mais ils se raréfient. De nombreux assureurs imposent désormais une part minimale d'unités de compte, en particulier pour accéder au fonds euros le plus performant ou au bonus de rendement. Un contrat 100 % fonds euros sécurise le capital mais expose à un rendement durablement faible. Pour un horizon long, une allocation mixte est généralement plus pertinente.
Les gains du fonds euros supportent les prélèvements sociaux de 17,2 % chaque année, prélevés à la source par l'assureur (l'assurance-vie bénéficie d'une dérogation : le taux 2026 y est maintenu à 17,2 %, contrairement à d'autres enveloppes). L'impôt sur le revenu, lui, n'est dû qu'au moment d'un rachat. Avant huit ans de détention, les gains rachetés relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux). Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple, s'applique sur les gains, avec un taux d'impôt réduit. C'est ce qui rend l'assurance-vie avantageuse sur la durée.
Pas systématiquement. La loi Pacte autorise le transfert d'un ancien contrat vers un nouveau chez le même assureur en conservant l'antériorité fiscale, mais pas d'un assureur à un autre. Avant tout arbitrage, il faut comparer le taux servi, les frais réels et l'antériorité fiscale acquise. Un contrat ancien et peu chargé en frais peut rester pertinent. C'est exactement le type d'arbitrage où un regard objectif, sans intérêt à vous faire ouvrir un nouveau contrat, change la donne.